jeudi 4 octobre 2007

Errance

Je me promenais aux « Buttes Chaumont » sans qu’aucun être ni qu’aucun élément naturel ne troubla ma quiétude. Proche d’un tournant d’allée, je restais immobile au milieu des arbres sans nombre et mon être entier participait profondément à ce gémissement sans fin comme si je ne faisais q’un être de bois semblable à tous ces géants.
Le vent poussait des plaintes continues et envoyait son souffle de glace qui me traversait et que je recevais avec une exaltation proche du délire.

Je voulus remuer mes branches dénuées de feuilles qui découpaient le ciel, mais j’étais figée et pourtant mes racines n’étaient pas bien profondes et mon tronc avait toute sa vigueur mais ma sève avait peine à alimenter mon corps nouveau.

Parce que c’était l’Automne, la Vie en moi ralentissait et je participais comme dans un rêve éveillé à celle des géants sans limite.

23 novembre 1975

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