jeudi 4 octobre 2007

Sur "Je vous envoie un bouquet" de Ronsard

Pour Ronsard, les fleurs et les femmes
Sont semblables, ensembles elles poussent
Et s’épanouissent, aidées du Temps, elles se flétrissent.

Parmi les autres fleurs, pour Elle,
Il a choisi celles qui furent les plus belles,
Les plus épanouies, échappées du triste destin,
Celui de périr le lendemain.

De sa main, il les a enlevé de la terre,
Ces fleurs épanouies qu’il envoie à sa Chère,
Avant le soir, si nul ne les avait cueillies,
Fanées, flétries, elles seraient le jour qui suit.

Rien n’est plus fragile que la fleur,
Rien n’est plus fragile que la femme,
Le plus bel exemple de comparaison.

Avec le temps leurs beautés s’en vont
Si belles étaient-elles,
La femme comme la fleur
Regrette le Temps qui passe.

Courte est la vie de l’Homme.
Tout périt un jour.
Ce n’est pas le temps qui court,
Qui s’en va, c’est l’Humanité
Qui s’éloigne pour l’éternité.

Quand l’Homme mangera les racines
La vie continuera sur Terre.
Quand ils seront morts, ils ne pourront
Plus jouir de la Vie et Ronsard demande
A sa bien-aimée de l’aimer encore,
Pendant qu’elle est belle et jeune.

17 juillet 1975

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